François Gemenne alerte sur la vulnérabilité énergétique de Maurice

« Quel est le sens de l’indépendance lorsqu’on dépend de ressources sur lesquelles on n’a aucun contrôle ? » C’est l’un des principaux messages du dernier épisode du podcast MCB Talk, qui reçoit le spécialiste des questions climatiques et géopolitiques François Gemenne.

Effectivement, pour Maurice, dont le mix énergétique repose encore largement sur les énergies fossiles importées, cette situation met en lumière une vulnérabilité structurelle. Et selon l’expert, il serait illusoire de penser que la volatilité actuelle disparaîtra une fois les conflits terminés. Au contraire, l’affaiblissement du droit international et la multiplication des tensions géopolitiques devraient rendre les marchés des matières premières encore plus imprévisibles. Car, explique-t-il, aussi imparfait que le droit international était, il avait au moins le bénéfice de la prévisibilité, y compris dans le prix des commodités.

“Mais maintenant que le droit international est bafoué, il y aura davantage d’instabilité et les prix seront encore plus volatiles. Et c’est une mauvaise nouvelle pour les économies, comme celle de Maurice, qui veulent maintenir leur compétitivité et leur souveraineté énergétique”, a-t-il dit.

À Maurice, dans le cadre de la 4e édition du Deba Klima organisée par la MCB, François Gemenne a également participé à une conférence tenue par Business Mauritius, au cours de laquelle il a souligné à quel point la dépendance aux énergies fossiles expose les économies importatrices aux chocs internationaux.

Dans ce contexte, dit-il, la transition énergétique ne doit plus être perçue uniquement comme une réponse au changement climatique. Elle constitue également un enjeu de souveraineté énergétique, de stabilité économique et de compétitivité.

“En développant davantage les énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien, les pays peuvent réduire leur dépendance aux importations de combustibles fossiles et mieux se protéger contre les chocs externes”, a-t-il ajouté.

Pour Maurice, conclut l’expert, accélérer la transition énergétique constitue non seulement un objectif environnemental, mais aussi un levier essentiel pour renforcer la résilience de son économie dans un monde de plus en plus instable.